Habitat de demain, comment se préparer aux défis environnementaux ?

Les 3 défis pour les années à venir
Presse - 1 septembre 2022

1/ un défi environnemental

Il est maintenant confirmé par le Giec que l’homme est responsable des principales émissions de GES, qui ont pour conséquences des dérèglements climatiques. Or l’Europe nous impose un objectif de réduction des émissions d’au moins 55 % à l’horizon 2030.

  • le dérèglement climatique engendre des besoins supplémentaires en énergie (hiver comme été)
  • les phénomènes climatiques (tempêtes, pluies, grêles, canicules) nécessitent une plus grande durabilité des biens, un meilleur choix d’emplacement
  • le manque d’eau : de + en + tôt dans l’année. défi en approvisionnement 
    • conséquences aussi sur le bâti dans les zones argileuses (fissures, affaissements, …)
  • la problématique de la mauvaise recyclabilité de nombreux matériaux (plastiques, polystyrènes, polyuréthane, des laines minérales, colles, …) qui deviennent des déchets qu’il faut donc traiter.

Cela va engendrer des surcoûts et des besoins en matériaux importants.

2/ le manque de ressources

Nous sommes dans un monde fini où les ressources ne sont pas inépuisables, avec un jour de dépassement des besoins en ressources de plus en plus tôt dans l’année.

  • les conflits internationaux impactent sur la disponibilité et les cours des matériaux
  • nous atteignons des pics (pic de Hubert) entre nos besoins et nos ressources sur de nombreux matériaux (bois, sable, pétrole, métaux rares, …)
    Cela va être le cas par exemple pour le lithium qui va manquer pour les batteries (panneaux solaires)
  • de nombreux matériaux demandes beaucoup d’énergie pour les fabriquer (laines minérales, briques de terre cuite, ciment) ou même les transporter ou les recycler
  • plus de besoins en énergie (électricité notamment) hausse des coûts (chauffage et l’eau chaude)
  • Cela engendre :

3/ l’impact sanitaire

  • Certains revêtements et isolants contiennent des polluants
    • adjuvants, colles, COV, …
    • c’est le cas de l’amiante (toiture fibro-ciment, revêtements et isolants), de la silice dans le sable (béton et laines minérales), de phtalates dans les plastiques, etc 
    • Qu’on retrouve dans l’air intérieur, dans les eaux usées (et même l’eau courante).

Il nous faut donc prendre en compte ces 3 paramètres dans le choix de son habitat, de son emplacement (ville, périurbain, campagne), de son exposition, de sa conception, de ses matériaux, …

Que préconiser en matière d’habitat : individuel ou collectif ?

La loi Climat et résilience préconise le Zéro artificialisation nette d’ici à 2050 pour compenser des zones constructibles par des zones naturelles et humides

=> Cela veut dire moins de construction.

=> La plupart des plans locaux d’urbanisme prévoient une nette diminution des terrains constructibles hors agglomération, notamment dans les hameaux (plus de dents creuses).

C’est une bonne chose pour la préservation de la biodiversité

=> Mais cela nous demande de revoir complètement l’urbanisation des villes.

En construction, le collectif est à privilégier.

Et pour tout projet d’habitat, vaut-il mieux construire ou rénover ?

Alors, jusqu’ici, on calculait l’impact environnemental d’un bâtiment sur ses émissions de gaz à effet de serre (RT 2012), lors de son exploitation au quotidien durant de sa vie : le chauffage, la climatisation, l’électricité des équipements et de l’électroménager. C’est seulement depuis quelques années, qu’on prend désormais en compte son impact plus global, de sa conception à son recyclage (quand c’est possible).

C’est ce qu’on appelle lanalyse de cycle de vie, calculée généralement sur une durée de 50 ans. 

Par ailleurs, l’Ademe (pdf) a fait une excellent étude en 2019, pour comparer l’impact d’une construction à celui d’une rénovation de niveau BBC (Bâtiment Basse Consommation) et le résultat est sans appel : «  la quantité de matériau à mobiliser en t/m2, entre une construction neuve et la rénovation d’un logement est 40 à 80 fois plus important pour le neuf, selon sa typologie ».

La construction a d’autres inconvénients 

  • l’artificialisation des terres (dalles bétons, disparition des zones humides utiles à la biodiversité)
  • des coûts financiers cachés : du foncier, du Permis de construire et des raccordements 
  • la valorisation du bien va devenir de plus en plus compliquée en fonction des choix réalisés 
  • presqu’aucune aide financière

La rénovation présente aussi ses inconvénients :

  • le coût d’acquisition (privilégier les DPE F et G dont les prix sont en chute et les biens en hausse) 
  • la conception d’origine demande souvent de nombreuses adaptations (dans l’aménagement, pour le confort thermique)
  • les vices cachés (humidité, terrain argileux, fuites, mauvais calculs de portance,  …)
  • le coût et surtout le temps des travaux, qu’on sous-estime largement

Attention à l’achat de bien réalisé en auto-construction sur lesquelles les malfaçons sont très (trop) régulières. Il n’y a pas de garantie ! 

Par contre, il existe de nombreuses aides financières pour la rénovation thermique des bâtiments, mais uniquement si vous faites appel à des professionnels (les fameux RGE). 

Quelques points sur lesquels s’attarder, si on veut réaliser un habitat écologique (construction ou rénovation) :

  • penser réversibilité (transformer, déménager ou recycler)
  • rechercher la sobriété avec des solutions low-tech, qui demandent peu d’énergie à produire, à exploiter, à entretenir et à recycler
  • faire le choix de matériaux biosourcés et géosourcés (confort thermique, recyclabilité)

Comment se prémunir des arnaques en construction et rénovation dites écologiques ?

Dans le cadre d’une rénovation globale ou d’une construction, donc des travaux important, il est conseillé se faire accompagner par des artisans ou professionnels qui affichent clairement leur engagement environnemental ou écologique.

Cela a un coût mais au final les choix qui auront été fait permettront de faire des économies d’énergie, d’avoir plus de confort.

Vous pouvez consulter l'annuaire des professionnels de l'éco-habitat.

Source : build green  / image : ecolovie.webnode.fr