Bâtiment : face à une pénurie de tuiles, la crainte des futures tempêtes

Presse - 14 juin 2022

Blé, huile, lait… Depuis plusieurs semaines, la France affronte des pénuries de biens alimentaires. En cause : la reprise d'activité post-Covid et les conséquences de la guerre en Ukraine sur ses exportations. Les délais de livraisons dans les supermarchés s'allongent, laissant des rayons d'enseignes de grande distribution désespérément vides. Certains secteurs ne sont pas épargnés, notamment celui du bâtiment. D'après 20 Minutes, les pénuries impactent également les matériaux de construction, dont les tuiles en terre cuite utilisées pour les toits.

Les Français souhaitant se lancer dans la construction ou la rénovation de leur toit devront prendre leur mal en patience. « Pour de la brique, le délai est de six mois, pour de la tuile, il n'y a pas de délai et si on est enfin livrés, on ne sait pas à quel prix », fait savoir Freddy Guilbert, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) du Pas-de-Calais, auprès de 20 Minutes. Les pénuries de tuiles, mais encore d'acier ou de zinc, ont des conséquences sur les coûts de production et sur la tenue des chantiers. « C'est une problématique qui est partie pour durer et dont on verra les conséquences en cas de grosse tempête », ajoute Freddy Guilbert.

Le secteur du bâtiment sous pression

Avec la hausse des prix des matières premières, le secteur du bâtiment subit de plein fouet les répercussions de l'inflation. Plusieurs hypothèses justifient cette situation : le rattrapage de l'activité des usines, maintenues à l'arrêt lors des confinements, et la hausse des prix du gaz. Ainsi, les couvreurs ont bien du mal à honorer leur carnet de commandes. Dans le même temps, d'après Europe 1, près de 142 000 permis de construire ont été délivrés au premier trimestre de 2022, un niveau au plus haut en quinze ans. Pour s'adapter à cette situation délicate, les professionnels du secteur doivent prendre des mesures : rogner leurs marges, augmenter leurs tarifs ou encore placer leurs salariés en chômage partiel.

Source : le point / photo : charpentier-couvreur.net