Le marché du bois

Quels sont les impacts de la pandémie et du confinement sur les ventes de bois
Presse - 2 novembre 2020

Pour dresser un bilan quelques semaines après la fin du confinement, l'Office National des Forêts publiait début juillet sa dernière lettre de conjoncture.

Tendances des prix par essence : avant la crise, le prix des bois affichait une tendance générale à la baisse, à l'exception du douglas.

Résineux blancs (sapin-épicéa) : la crise du scolyte perdure, favorisée par des températures chaudes, et continue de déprécier le prix du bois. Des transformateurs substituent en effet l'épicéa, moins onéreux , à d'autres essences (sapin, pin, hêtre...). Cette baisse des prix a cependant un avantage puisqu'elle peut faire gagner des parts de marché au bois face à d'autres matériaux.

Chêne : les prix du chêne de qualité supérieure (merrain, plot) ou de qualité ordinaire (charpente) se consolident. En revanche, les prix des produits de qualité ordinaire (parquet, menuiseries) et de qualité secondaire (coffrage, traverse) ont baissé de 20% au premier trimestre 2020. Tandis que, sur le marché du parquet, le chêne massif se heurte à la concurrence de substituts moins onéreux.

Hêtre : le prix du hêtre affiche une légère baisse. Les pays maghrébins grands consommateurs de bois pour l'industrie du meuble, ont réduit leurs achats ces derniers mois. Des marchés de substitution s'ouvrent dans d'autres pays, notamment au Portugal. Enfin, la surabondance des épicéas scolytés pénalise aussi les débouchés classiques et le prix du hêtre.

Résineux rouges (pins, douglas, mélèze) : seul le douglas présente des prix en hausse, en raison notamment d'une demande spécifique en construction. Le mélèze, avec un prix en légère baisse, affronte la concurrence des importations en provenance de Sibérie. Dans les Landes, le pin maritime reste très prisé par les industries de la région, ce qui stabilise son prix.

Le bois d'oeuvre

le prix des sciages s'est globalement maintenu pour la production nationale, celui des sciages importés a, quant à lui, augmenté. Les industriels devraient donc pouvoir reconstituer progressivement leurs parts de marché et leurs marges, dans un contexte de baisse des prix de leur approvisionnement.

Le bois énergie

La vente de bois énergie s'est globalement maintenue, malgré des conditions hivernales plus douces et défavorables au chauffage. L'effondrement du prix du pétrol, lié à la faible consommation des transports, a mis en concurrence le bois et les énergies fossiles auprès des grandes chaufferies. Néanmoins, la baisse d'activité des scieries a accru l'approvisionnement direct en forêt, ces dernières ne produisant plus assez de produits connexes.

Le bois d'industrie et palettes

Le secteur de la palette a souffert de la chutre de la delmande de l'industrie lourde (notamment l'automobile) mais bénéficie d'une baisse de prix sur le bois. Malgré un maintien des prix, selon l'Insee, l'indice de production des panneuax affiche une baisse importante en volume (-60% sur avril et -11% sur un an), avec l'arrêt des deux débouchés essentiels durant le confinement : la construction et l'ameublement. L'industrie papetière, dont l'activité était jugée prioritaire, a bien tourné durant la crise. A l'ONF, la demande de bois d'éclaircie en contrat d'approvissionnement a triplé du fait de l'absence de produits connexes de scieries disponibles.

Source : boismag