Humidité dans le bois

Presse - 1 mars 2017

Le bois contient de l'eau. C’est un matériau hygroscopique. Il est susceptible de perdre ou de reprendre de l'humidité en fonction de la température et surtout de l'humidité relative de l'air ambiant. Certaines essences, sur pied, peuvent contenir jusqu'à 2 fois le poids de l'arbre en eau. En fonction de la destination des bois (charpente, murs ossatures bois, etc.), ceux-ci devront présenter un taux d’humidité qui permette une fabrication et une mise en oeuvre correcte ainsi qu’une bonne stabilité dimensionnelle dans le temps.
Selon sa fonction et sa localisation dans la construction, l’élément en bois doit être mis en oeuvre à un taux d‘humidité maximum.

Elément de construction / Taux d’humidité maximum :

Parquets, meubles / 10 %

Revêtements intérieurs / 12 %

Charpentes intérieures - éléments de toiture abrités / 22 %

Ossature bois / 18 %

Menuiseries intérieures / 13 %

Menuiseries extérieures / 15 %

Revêtements extérieurs / 18 %

Charpentes extérieures bandeaux / 22 %

Clôtures, poteaux, passerelles extérieures caillebotis / 22 %

Jetées, pontons sur mer / 30 %


Taux d'humidité

La teneur en eau ou l'humidité est la quantité d'eau que renferme le bois, exprimée en % de son poids à l'état sec (anhydre). Ex : 1kg de bois à 30% de teneur en eau signifie que l’échantillon contient 0,3 kg d'eau pour 0,7 kg de bois sec
L'eau est présente sous 2 formes : Eau libre et eau liée dans le bois L’intérieur des fibres d'un bois vert est rempli d'eau libre. Elle s'évacuera progressivement par évaporation. Lorsque l'eau libre a entièrement disparu, il ne reste que l'eau liée qui imprègne les membranes des cellules. Le départ de cette eau liée entraîne des phénomènes de retrait et de déformation.
• Lorsque la teneur en eau = 30% Le bois est à l'équilibre hygroscopique. Cet équilibre correspond au point de saturation des fibres de bois lorsque celles-ci sont saturées en eau.
• Teneur en eau < 30% L'eau est dite liée au bois par absorption dans les fibres du bois et dans sa structure cellulaire.
• Teneur en eau > 30 % L'eau est dite libre. Le bois est saturé en eau. Le surplus d'eau est liquide.


Equilibre hygroscopique

En extérieur : • En été (ou pendant la période sèche) : les conditions atmosphériques sont de l'ordre de 20°C et 70 % d'humidité relative de l'air (HR), ce qui correspond à un équilibre hygroscopique du bois d'environ 13 %. • En hiver (ou pendant la période humide) : les conditions atmosphériques sont de l'ordre de 0 à 5°C et l'humidité relative de 85 %, ce qui correspond à un équilibre hygroscopique du bois de l'ordre de 19 %. L'humidité du bois à mettre en oeuvre, pour que le jeu du bois soit minimal, devra se situer au milieu de la fourchette de variation, soit entre 15 et 16 %. Il faudra par ailleurs tenir compte, en finition extérieure, des phénomènes de point de rosée qui peuvent modifier considérablement l'humidité de la surface du bois.
En intérieur : • En été : les conditions atmosphériques sont voisines des conditions extérieures (20°C et 70 % d'humidité relative de l'air (HR), ce qui correspond toujours à un équilibre hygroscopique du bois d'environ 13 %. • En hiver : le bois est situé à l'intérieur d'une maison chauffée avec une température moyenne de 20°C et 30 % HR, ce qui correspond à un équilibre hygroscopique du bois de l'ordre de 7 %. L'humidité moyenne des bois à mettre en oeuvre (parquets, lambris, portes, etc.) doit donc être voisine de 10 %.

La teneur en eau est mesurée par un humidimètre. Cet appareil mesure la résistivité du bois soit entre 2 électrodes ou soit par ultrasons. Il existe d’autres techniques de mesure.
Les électrodes sont à enfoncer perpendiculairement aux fibres afin d'intégrer plusieurs groupes de fibres

HUMIDITE DES MATERIAUX
De même, dans les matériaux autres que le bois, la mesure d'humidité est rapportée à l’équivalent massique de matière sèche. Un matériau poreux placé dans un air humide va absorber une certaine quantité d'humidité. Les matériaux naturels, comme la pierre, la brique, le bois, ont besoin d'oxygène pour vivre. La respiration naturelle des murs nécessite un état d'équilibre hygroscopique, c'est-à-dire qu'il doit sortir du matériau autant d'eau par évaporation qu'il n'en entre par absorption. Si la surface d'évaporation, pour différentes raisons, devient insuffisante, l'équilibre entre l'intérieur et l'extérieur est rompu et l'humidité apparaît sur les murs. Si beaucoup de constructions anciennes subsistent encore, c'est parce qu'elles étaient en état d'équilibre hygroscopique.
De nos jours, des installations comme les plaques de polystyrène isolant aluminisé, les plinthes en ciment, les doubles cloisons mal conçues ou mal ventilées, les revêtements de façades étanches et asphyxiants, contribuent à provoquer un déséquilibre hygroscopique.
Taux d'humidité d'équilibre pour certains matériaux à une humidité de l'air de 65%HR et une température de 20°C

                                                                                        

Source : IHM et photo testo